1.3 La ronde des animaux

Les os d’animaux retrouvés lors des fouilles sont avant tout les restes de l’alimentation carnée que l’on a souvent jetés dans les foyers après la consommation du repas. De ce fait, les ossements provenant d’animaux non consommés sont rares. La distinction entre faune sauvage et faune domestique dépend de la période considérée. Les traces laissées par les outils humains sur les os nous apportent des informations sur les pratiques de boucherie.

Sur le site Mésolithique des Gripons, on ne rencontre essentiellement que des animaux chassés, avec du cerf, du sanglier et quelques ossements d’auroch. La chèvre, le mouton, le porc et le bœuf furent domestiqués au 9ème millénaire dans le Proche Orient, et ils ont suivi les premiers paysans du Néolithique qui s’installent au milieu du 5ème millénaire dans notre région. On retrouve les premières traces de ce cheptel, sous forme d’esquilles, dans les foyers campaniformes du site d’Alle-Noir Bois. A partir de cette période, dès que l’on analyse les vestiges osseux, on a plus de 99% de faune d’origine domestique. Les bœufs sont, dans la plupart des sites, les animaux les plus consommés, suivis des porcs et des caprinés (mouton et chèvre). Si les bœufs peuvent également servir d’animaux de trait, les caprinés fournissent de la laine. De surcroît, leurs femelles produisent du lait. Les porcs, en revanche, ne sont élevés que pour la boucherie.
Le découpage des viandes laisse de multiples traces que l’on retrouve sur les os. Leur analyse permet de mieux connaître le mode d’abattage, le traitement des carcasses et la répartition des quartiers de viande. Le chien et le cheval, autres animaux domestiques, ne sont pas élevés pour leur viande, mais peuvent être occasionnellement consommés. Parmi les animaux sauvages, le cerf constitue la cible favorite des chasseurs, non seulement pour sa viande, mais aussi pour ses bois et ses ossements, utilisés comme matière première pour la fabrication d’outils et d’objets.