2.2 Des travaux et des jours

L’introduction du métal dans l’outillage pour remplacer la pierre, l’os ou le bois constitua un progrès majeur pour tous les travaux nécessitant un dur labeur comme l’abattage et la mise en forme des troncs d’arbres, ou encore pour l’agriculture.
C’est sans doute avec la hache et l’herminette que l’on peut mesurer le mieux les progrès que le passage de la pierre au bronze, et du bronze au fer, ont pu apporter dans l’efficacité du défrichage et du travail du bois. Des opérations d’archéologie expérimentale ont montré qu’il faut trois fois moins de temps pour abattre un arbre avec une lame en fer qu’avec une lame en bronze, qui elle-même est deux fois plus efficace qu’une lame en pierre polie.
Si le fer est devenu pour l’homme le métal le plus important, c’est d’abord en raison de sa solidité et de sa malléabilité. Le plus souvent, il a été utilisé pour forger les objets les plus simples, tels que des clous, des rivets, des aiguillons, des charnières, ou plus élaborés, tels des marmites, des serrures ou des clefs.
L’araire, instrument essentiel pour les labours, est renforcé par un soc métallique. Un exemplaire en fer, provenant du site d’Alle-Noir Bois, nous est parvenu. Découvert dans une couche attribuée au second âge du Fer, il pourrait être daté de la période gallo-romaine. Cet exemple montre que lorsqu’un outil est arrivé à maturité dans son usage et sa fonction, il ne subit plus guère d’évolution. Ainsi les différents types de ciseaux, d’alènes ou de perçoirs de l’Antiquité apparaissent à peine différents de ceux d’aujourd’hui.