2.5 C'est le clou !

Le détecteur à métaux, appareil dont l’usage sur le terrain est soumis à autorisation pour les privés, a facilité lors des fouilles la récupération de milliers d’objets en fer, essentiellement des clous, entiers ou fragmentaires.
L’existence de nombreux éléments en bois ou en matériaux périssables, qui ne se sont pas conservés, peut être induite par la présence de pièces métalliques, telles que clous, charnières, gonds et serrures qui elles ont été plus ou moins bien préservées des assauts du temps. Car il faut savoir que ces éléments, en particulier les clous, ne sont pas toujours semés au hasard dans le terrain et que bien souvent, si on en dresse le plan de répartition, on obtient l’emplacement, voire les contours précis de structures disparues. Ainsi, la présence de clous dans une tombe d’Alle-Noir Bois a permis de restituer l’existence d’un cercueil en bois. Sur le site voisin d’Alle-Les Aiges, la répartition des clous de construction découverts dans le grenier gallo-romain montre qu’ils se concentrent le long des parois en planches qu’ils ont servi à assembler, de même qu’à l’emplacement de la faîtière du toit. Ces exemples démontrent que tout clou récolté sans en noter précisément l’emplacement perd la richesse de sa valeur culturelle en détruisant le contexte dans lequel il se trouvait, ce qui, en définitive, signifie une perte de mémoire irrémédiable dans la reconstitution de notre passé. C’est pour cela que la loi cantonale interdit l’usage sans autorisation du détecteur à métaux, même pour ne récolter que des clous.