2.8 Par ici la monnaie !

Marqueuses de l'activité économique et des échanges commerciaux, les découvertes de monnaies effectuées sur l’A16 témoignent de plus de 2000 ans d’usage du numéraire dans le Jura sous forme sonore et trébuchante.
De la monnaie la plus ancienne, un quinaire en argent émis vers 100 avant J.-C. d’Alle-Les Aiges, à la pièce de 2 centimes de 1933, provenant de Rebeuvelier-La Verrerie, ce ne sont pas moins de 135 monnaies qui ont été mises au jour lors des fouilles de la Transjurane. Il s’agit le plus souvent de pièces isolées, sauf à Courrendlin-Vers la Vieille Église, où 29 monnaies ont été retrouvées sur une surface restreinte de quelques mètres carrés. Dans ce cas cependant on ne peut pas parler d’un véritable trésor, car toutes ces pièces sont en cuivre ou en bronze et de faible valeur; vraisemblablement le contenu d’une bourse ou d’une tirelire perdue ou cachée.
Les monnaies romaines, qui forment l’essentiel de ce type de découverte, ne servent pas seulement aux échanges économiques, mais jouent aussi un rôle de propagande pour les empereurs dont elles véhiculent l’effigie dans tous les recoins de l’Empire et même au-delà. Du fait de la solidité du métal, les pièces peuvent avoir une longue durée d’utilisation. Ainsi, au 4ème siècle de notre ère, à la fin de l’époque romaine, des monnaies frappées au 1er ou au 2ème siècle circulaient encore.
Cependant, attention aux escrocs! Un faux denier, portant l’effigie de l’empereur Domitien, a été mis au jour à Courtételle-Tivila : il s’agit d’une pièce en bronze recouverte d’une feuille d’argent, pour imiter le titre de la vraie devise. Le dernier propriétaire, soupçonnant la fraude en raison sans doute de son poids de mauvais aloi, l’a entaillée au couteau puis abandonnée.

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