2.11 Vers une archéologie du futur

Une sélection d’objets en fer rouillés de la verrerie de Rebeuvelier, qui relève du domaine de l’archéologie industrielle, permet de réfléchir à ce que notre civilisation léguera aux futures générations.
Le temps a opéré une sélection sur les objets que les archéologues sont amenés à découvrir. A l’exception des tombes et des dépôts volontairement enfouis, les vestiges qui nous parviennent ne sont que le résultat des abandons ou des fonds de poubelle de nos prédécesseurs. Avant la production sidérurgique dans des hauts fourneaux, même le fer est rare et précieux et on ne peut se permettre de le jeter sans essayer de le recycler. C’est ce recyclage systématique qui explique la rareté des objets en fer dans les sites d’habitats antérieurs à l’Époque moderne.
Durant ces deux derniers siècles, l’avènement de la révolution industrielle a produit d’énormes quantités d’objets en fer. Le mobilier métallique provenant des fouilles de Rebeuvelier-La Verrerie illustre bien ce phénomène. Dans l’espace d’une seule vitrine est présentée une masse de métal plus importante que la somme de tous les objets métalliques rassemblés dans le cadre de cette exposition. Cette profusion de fer forgé sous forme de pelle, fendoir, porte de four, linteau, supports, gabarit, tiges, poids, lame, etc, reflète ce qu’est devenu notre culture : une société de consommation.
Pourtant, des signes annoncent que ce temps de gaspillage est révolu. Un nouveau concept, celui du développement durable, fait son chemin, et, si ce processus aboutit, notre civilisation ne laissera de même guère de vestiges aux archéologues du futur.

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