4.1 Quand les cailloux nous parlent

Si de nombreuses roches peuvent être taillées, comme l’obsidienne ou le cristal de roche, c’est avant tout le silex, appelé aussi pierre à feu, qui a été largement utilisé pour fabriquer les outils en pierre entre le Paléolithique et le Néolithique.


Le silex résulte de la lente transformation du calcaire en silice. Il se présente sous forme de rognons, de nodules ou de plaquettes qui se trouvent en abondance dans de nombreux gîtes du canton du Jura comme à Alle-Pré Monsieur et à Pleigne-Löwenburg. La présence de ces silex de bonne qualité a contribué à la fréquentation régulière de ces gisements par des groupes nomades du Paléolithique. A cette époque, on se contentait de ramasser les blocs de silex présents autour des affleurements de matière première. Ainsi, seules 299 pièces sur les quelque 108'545 pièces décomptées sur le site d’Alle-Pré Monsieur, occupé par les Néandertaliens à partir de 110'000 av. J.-C., ont été taillées à partir de silex provenant d’autres gisements.

Ce n’est qu’au Néolithique que l’on identifie des mines de silex de façon certaine. Cette extraction débute vers 4000 avant J.-C. à Pleigne-Löwenburg. C’est à cette époque également que débute l’importation régulière de matières premières plus lointaines. Cependant, ces relations extérieures, comme celles venant de Suisse Orientale ou d’Allemagne du Sud observées sur le site campaniforme d’Alle-Noir Bois, soulignent plutôt les liens culturels ou sociaux existant entre les communautés que l’établissement d’un véritable commerce de biens et de matières entre régions.

Pour transformer les blocs de silex en outils, on doit utiliser des percuteurs en roche ou en bois de cerf. Malgré l’abondance de l’outillage en silex observée à Alle, seuls quelques percuteurs en quartzite sont parvenus jusqu’à nous.