4.3 Des mammouths aux mollusques

A la fin du Paléolithique, le Jura abondait d’une faune adaptée à la rigueur d’un climat froid et humide. Ces vestiges sont parfois restés piégés dans les dolines.


Les fouilles de la Transjurane ont mis au jour une série de dolines à remplissage lœssique dans lesquelles s’est trouvé piégé un échantillonnage représentatif de l’abondante faune glaciaire. De ces restes d'animaux, seules demeurent les parties les plus dures des corps : des dents, des os ou des coquilles, devenus fossiles. Les parties molles se sont décomposées depuis longtemps, sous l’action conjuguée des charognards et des bactéries.

La mégafaune herbivore est composée à 80% de mammouths, de chevaux sauvages et de bisons des steppes et pour le reste de rhinocéros laineux, de mégacéros et de cerfs élaphes. A côté de ces espèces se trouvent quelques fossiles d’ours des cavernes, de renards des neiges, de gloutons ainsi que de multiples restes de six sortes de petits rongeurs. Enfin, plus de vingt espèces de mollusques terrestres et aquatiques viennent compléter ce tableau.

La plus grande partie des vestiges, découverts dans les dolines de Courtedoux-Le Sylleux et Courtedoux-Vâ Tche Tchâ, est datée entre 43'000 et 28'000 ans av. J.-C. Seuls les fossiles issus des sites de Boncourt-Grands Combes et de Chevenez-Combe Ronde sont plus vieux, remontant respectivement à environ 50'000 et 80'000 ans av. J.-C. L'ensemble faunique identifié met en évidence l'existence d'un biome aujourd'hui disparu qu'on appelle la toundra-steppe.

Les profils de mortalité obtenus par l’analyse de 15 mammouths et de 48 chevaux ne révèlent aucun lien de cause à effet entre la mort de ces animaux et la présence des Néandertaliens qui leur sont contemporains. Cependant, on peut admettre que l’existence de ces troupeaux est incontestablement associée aux passages dans nos régions de ce groupe humain, au même titre que les affleurements de silex.