Lascaux 3 en Suisse

Une exposition consacrée à Lascaux se tient à Genève à Palexpo du 2 octobre 2015 au 17 janvier 2016, après être passée en France, aux Etats-Unis, au Canada et en Belgique, et avant de s’envoler pour la Corée du Sud et le Japon. Ce projet a été réalisé par le Conseil général de la Dordogne, avec la participation financière du Conseil Régional d’Aquitaine, du Ministère français de la Culture et de la Communication et de l’Union européenne. Pour rappel, la grotte de Lascaux, découverte en 1940, a été fermée au public en 1963 par André Malraux, alors ministre de la culture, à cause des détériorations provoquées par la présence humaine sur les fragiles peintures préhistoriques. La présente exposition constitue en fait un Lascaux 3, faisant suite à la reconstitution qui se trouve près de la grotte de Lascaux dans le Périgord. Les visiteurs peuvent découvrir les panneaux grandeur nature dans une grotte dont l’éclairage a été créé de manière à reproduire celui des lampes à huiles et des torches utilisés par les hommes de Cro-Magnon, il y a 20’000 ans. Ces panneaux représentent des parois ornées de la Nef et de la scène du Puits, dont deux sont inédites: – Le Panneau de l’Empreinte – La Vache Noire – Les Bisons adossés – La frise des Cerfs – La scène du Puits. Les restaurateurs ont utilisé les mêmes pigments que les artistes de Lascaux. Le support est une coque de résine sur lequel est appliquée une partie minérale. Des moulages d’objets originaux de Lascaux (pointes, sagaies, la célèbre lampe en grès rose…), ainsi que des reconstitutions anatomiques d’une famille de Cro-Magnon réalisés par l’atelier Elisabeth Daynès sont également présentés. À partir d’un modèle virtuel de la grotte, composé de milliards de points géo-référencés relevés au laser, le réalisateur Maurice Bunion a conçu un film en 3D, que les visiteurs pourront voir avec des lunettes et qui sera projeté sur un écran spécial.
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Immersion technologique dans Lascaux 3 (Photo : Denis Nidos)

Le recours à des substituts, des copies, des fac-similés, des reconstitutions, est parfois une nécessité. La visite d’un site comme Lascaux n’est simplement pas possible. Ce n’est pas le seul site inaccessible. Que l’on songe à ces autres monuments de l’art pariétal que sont les grottes de Chauvet ou la grotte de Cosquer. Les musées recèlent aussi de nombreux objets qui ne peuvent pas être exposés ou seulement pour des périodes limitées. D’autres ne peuvent pas être transportés, car trop fragiles. Le substitut constitue donc un moyen de présenter ou de faire connaître de telles oeuvres. Il est évident que la présence de l’original peut provoquer une émotion intense, alors qu’une copie permet simplement d’en prendre connaissance. Comme on le voit avec la recréation de l’éclairage d’origine ou un film en 3D dans cette nouvelle exposition consacrée à Lascaux, les nouvelles technologies permettent aussi de faire de la visite d’un fac-similé une expérience inoubliable. La réalité augmentée permet même d’ajouter ce que le temps a effacé. Dès lors, il ne s’agit plus de simples copies, mais de substituts prolongeant le réel. Le danger de ces technologies est sans doute de banaliser la réalité, de la rendre inintéressante face à l’immersion dans un univers virtualité. En même temps, elles permettent de mettre en valeur le patrimoine dans un grand public de plus en plus habitué aux grandes sensations du cinéma 3D.


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