Category Archives: Généralités

Pour un portail de l’archéologie suisse

Depuis mi-octobre 2013, a été mis en ligne le Portail Sciences de l’Antiquité (PSA) en Suisse, dont le souhait est de servir le rôle de fil d’Ariane dans le labyrinthe que représente parfois Internet pour les personnes qui cherchent de l’information dans ce domaine. Comme le rapporte la page d’accueil du site, le projet PSA fut initié en février 2013, avec le soutien financier de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH), par un groupe de huit associations et commissions réunies dans le Groupe de coordination PSA, à savoir : Archéologie Suisse (AS), Association des amis de l’art antique, Association suisse pour l’étude de l’Antiquité (ASEA), Commission Corpus Americanensium Antiquitatum (CAA), Commission du Dictionnaire de latin médiéval (CDLM), Inventaire des trouvailles monétaires suisses (ITMS), Société suisse de numismatique(SSN), Société suisse pour l’étude du Proche-Orient ancien (SSPOA).
PSA
Extrait du bandeau d’accueil du PSA

En parcourant ce nouveau site, qui a au moins le mérite d’être bilingue (français, allemand),  il faut admettre d’emblée que le public cible est clairement celui des chercheurs et des professionnels de l’archéologie qui se trouvent engagés dans les académies, les musées ou les institutions. En effet, à part la page « Actualité » qui établit le lien direct vers les manifestations et expositions en cours sur le sujet, guère plus d’informations utiles pour le grand public qui s’intéresserait de façon générale au domaine de l’archéologie en Suisse que les liens Internet déjà établis par d’autres sites, comme celui de l’organisation faîtière Archéologie suisse.  Seule la structuration des liens apporte à l’ensemble une meilleure visibilité. En revanche, le développement des contenus, cantonalisation de la culture oblige, dépend toujours  et encore des informations plus ou moins bien présentées dans les sites des Offices cantonaux ou des institutions en charge de l’archéologie dont le PSA donne les liens.  Il ne s’agit donc, en définitive, que d’une simple passerelle de liens Internet et non d’un véritable portail d’informations sur l’archéologie en Suisse dans le sens souhaité par le groupe de travail « Nouvelles technologies et médias » constitué dans le cadre d’Horizons 2015. Mais pour parvenir à cet objectif, il faudrait sans doute obtenir une ressource plus importante que celle d’un poste de rédaction à 15% destiné à entretenir le site. La vraie révolution serait de disposer formellement de la collaboration active de tous les professionnels du domaine pour qu’ensemble ils mettent à jour et développent ce nouveau portail d’informations centralisé afin de le rendre utile pour tous les publics.

Mots-clés: trésor, tombeau, pharaon, Toutankhamon

L’exposition « Toutankhamon – son tombeau et ses trésors » a fermé ses portes hier soir à Genève.  En quatre mois, le contenu de la Halle 7 de Palexpo aura accueilli plus de 175’000 visiteurs. Une exposition identique se poursuit à Nuremberg en Allemagne, jusqu’au 26 janvier. Et une nouvelle installation prendra place dès le 6 mars à Linz en Autriche. L’attirance du public pour l’Egypte ancienne en général et pour le règne de Toutankhamon en particulier ne se dément pas, exposition après exposition. Depuis sa première présentation au public en 2008 à Zürich, ce sont plus de 4,5 millions de visiteurs qui ont franchis les portes des installations disséminées dans des villes en Asie et en Europe, dont Munich, Hambourg, Madrid, Barcelone, Budapest,  Dublin, Bruxelles, Séoul, Cologne, Francfort, Paris, Amsterdam, Prague et Berlin.  Et pourtant, le millier d’objets présentés ne sont que des reproductions des artéfacts découverts dans la tombe du Pharaon. Ce succès légitime, dû à une mise en scène particulièrement soignée, doit permettre au visiteur de se mettre dans la peau d’un archéologue et de ressentir l’émotion éprouvée par Howard Carter et Lord Carnarvon à la vue de « tant de merveilles » concentrées dans un si petit espace.  En 2004, la présentation sous vitrines de 120 pièces originales provenant du Musée Égyptien du Caire dans l’exposition « Toutankhamon, l’or de l’au-delà, trésors de la vallée des rois» avait à elle seule attiré en six mois quelque 600’000 personnes dans les salles du Musée des antiquités de Bâle, dont ma famille et moi-même.
ChambreTutankhamon
Reconstitution de la première chambre aux trésors

On peut se demander ce qui incite autant de monde à aller voir ces grandes expositions ? Une constante se dégage, le terme « trésor ». C’est bien ce mot qui semble le trait commun du succès de ces manifestations. D’autres mots-clés, comme « tombeau », « or », « roi », « empereur » ou « pharaon » sont aussi porteurs.  Cette règle s’est vérifiée récemment  avec  « Qin – L’empereur éternel et ses guerriers de terre cuite », exposition qui en huit mois a attiré plus de 300’000 personnes au Musée d’histoire de Berne, soit la plus grande affluence de visiteurs pour une exposition dans cette institution. C’est aussi en utilisant l’un de ces mots, gage de succès, que Le Laténium propose jusqu’au 3 mars 2014 à ses hôtes de venir respirer ses « Fleurs des pharaons ». Pas étonnant dès lors que lorsque je me présente sous la profession « archéologue » l’une des premières questions que l’on me pose est : « trouvez-vous des trésors ? ». C’est pour pouvoir répondre positivement à cette question que la tombe de Toutankhamon (KV62) dans la Vallée des Rois, ou celle encore à découvrir de Qin Shi Huangdi sous une colline de Xi’an, représentent tout ce qu’un archéologue professionnel peut rêver de mettre au jour pour sentir à son tour le vent de l’histoire porté par le souffle de ces illustres souverains.  Pour les quelques amateurs d’archéologie qui ne se focalisent pas sur l’un des mots-clés signalés ci-dessus, je leur signale qu’ils peuvent toujours découvrir d’authentiques objets fabriqués et utilisés par nos ancêtres dans le cadre de l’exposition « Archéo A16 » au Musée jurassien des sciences naturelles à Porrentruy (jusqu’au 31 mars 2014) ou au Centre nature Les Cerlatez près de Saignelégier (dès le 18 avril et jusqu’au 2 novembre 2014). Mots-clés : pierre, os.

L’archéologie en archives

Toute fouille archéologique se doit d’être conduite dans le souci de recueillir un maximum d’informations sur le site exploré. Cela commence bien souvent par la récolte d’artefacts dont la position sur le terrain doit être dans la mesure du possible précisément définie. La qualité de l’archive dépend en premier lieu de la minutie avec laquelle les divers éléments  produits par la fouille (artefacts, dessins, photos, observations, etc) auront été récoltés. Pour permettre la meilleure collaboration possible entre les équipes de recherches et également pour assurer la transmission de l’information pour des analyses ultérieures des normes d’enregistrement de cette documentation doivent être appliquées à tous les éléments  à archiver, de la planification de la fouille, jusqu’à l’exposition dans une vitrine de musée. C’est dans la perspective de proposer de telles normes documentaires que s’est mis en place le projet ARCHES. Correctement archivés des fragments de tuiles peuvent être exposés en un seul tas sans que, si besoin, les relations de chacune d’entre elles  avec le terrain ne soient perdues.

Tas de tuiles
Fragments de tuiles en tas dans ARCHÉO A16

Au final, ces archives doivent être conditionnées et placées  dans des lieux sûrs qui réduisent au minimum les risques de dommage, détérioration, perte ou vol, afin d’assurer leur conservation à long terme. En effet, un projet archéologique ne peut  pas être considéré comme terminé avant que tous les objets mis aux jours et tous les documents produits lors de l’étude (plans, illustrations, listes d’inventaires, rapports, monographies, etc) aient été transférés dans un dépôt d’archive reconnu et entièrement accessible pour consultation. Avec  l’utilisation croissante de l’informatique le mode de consultation le plus pratique est très certainement sous la forme de données numériques. C’est à la définition de normes pour la constitution de bases de données numériques que s’est attelé un autre organisme ARIADNE.  Il faut espérer que dans leurs définitions des normes pour les divers corpus de documents d’archive, résultants soit de la fouille, soit de l’étude, les acteurs de ces deux projets se coordonnent pour produire des données numériques homogènes afin d’assurer l’interopérabilité entres elles.

Archéologie et tourisme en Suisse

Les liens entre tourisme et archéologie sont évidents, comme le démontre chaque année à Paestum, en Italie, la Bourse méditerranéenne du tourisme archéologique, dont la 15ème édition aura lieu du 15 au 18 novembre. Pourtant, ce qui semble aller de soit d’une manière générale dans le bassin méditerranéen et dans d’autres régions, n’est pas perçu de la même façon en Suisse, où le tourisme repose avant tout sur la visite de nos villes et de nos montagnes et la pratique des sports d’hiver. En complément du grand concours d’idées engagé en Suisse par le projet Horizont 2015, un petit groupe d’archéologues s’était réuni à Berne,  le 1er septembre 2011, sur le thème «Evènements et communication ». Il s’en était dégagé trois propositions, dont l’une était d’organiser un « Colloque sur l’Archéologie et le Tourisme en Suisse ». Partant de ce projet, deux groupes d’archéologues réunis au sein de deux sociétés privées, ArchaeoConcept et Nomads of Time, ont fondé l’association ArchaeoTourism 2012 chargée d’organiser ce premier colloque, au château de Thoune, du 8 au 10 novembre 2012.

Extrait de la page d’accueil d’ArchaeoTourism 2012

Ce colloque sur l’Archéologie et le Tourisme en Suisse est avant tout destiné aux spécialistes suisses de ces domaines. Comme prolégomènes au programme de ces journées se trouve deux visions: celle de l’archéologie en Suisse expliquée aux professionnels du tourisme, suivie par  celle du tourisme en Suisse expliqué aux archéologues. Pour les premiers, l’idée commune est sans doute qu’il n’y a rien à montrer en Suisse de très intéressant du point de vue archéologique, alors que pour les seconds le tourisme  peut être perçu comme une menace sur les sites qu’ils doivent protéger. Sur cette base de réflexions croisées, quatre ateliers sont prévus. Un premier atelier essayera de définir les bénéfices de l’archéologie pour le tourisme et les avantages du tourisme sur l’archéologie tandis qu’un second s’efforcera de créer un produit touristique en rapport avec l’archéologie. Un troisième groupe sera consacré aux relations publiques et au marketing de sites archéologiques, et le dernier enfin se concentrera sur le thème de l’authenticité et des traditions culturelles, thème phare de Suisse Tourisme en 2013. Les résultats de ces réflexions feront par la suite l’objet d’une publication qui devrait pouvoir éclairer les uns et les autres sur les possibilités d’interactions et de synergies entre ces deux domaines et donner des réponses aux questions suivantes: « Où se situent les chances et les défis pour la coopération entre l’archéologie et le tourisme ? Quelle est la position actuelle concernant le tourisme pour les monuments archéologiques et les sites en Suisse? Une meilleure connexion entre archéologie et tourisme est elle activement souhaitée ? Et le cas échéant, comment y parvenir ? ». Trouver des réponses satisfaisantes à ces questions est un des objectifs fixé par les organisateurs de cette manifestation.  Cet événement devrait aussi permettre aux professionnels de l’archéologie et du tourisme en Suisse de tisser des liens solides entre eux pour la réalisation dans un avenir proche de projets ambitieux. C’est en tout cas tout le bien que nous pouvons leur souhaiter. Si ce colloque vous intéresse pour y participer, les inscriptions sont encore ouvertes jusqu’au 1er novembre.

Vente de doublets en archéologie

Les doublets, objets en double, sont des éléments que tout collectionneur de timbres-poste ou de cartes Panini cherche à négocier de la manière la plus favorable possible, soit par échange, soit par vente.  Dans le cadre de l’archéologie, cet esprit de collection est plutôt mal perçu, comme doivent l’apprendre les amateurs de détecteur de métaux. Les lois et les règlements en vigueur dans tous les pays conscients de la valeur de leur patrimoine culturel, tendent à soustraire l’objet archéologique de sa valeur marchande, et rendent sa propriété inaliénable de celle de l’état dans lequel il a été découvert.  Pourtant, au cours de deux conférences présentées hier au Laténium dans le cadre des  journées organisées par le Projet collectif de recherche (PCR) « Archives et correspondances de Joseph Déchelette » sur « Le financement et la réglementation étatique de l’archéologie (fin XIXe- XXe)», certains participants furent surpris d’apprendre que la pratique  du doublet avait bien eu cours de manière tout à fait officielle avec les collections réunies par Paul Vouga, au nom du musée de Neuchâtel. En particulier, lors des fouilles scientifiques, méthodiques et exhaustives conduites entre 1907 et 1917 du célèbre site de La Tène, éponyme du Second âge du Fer, une partie du financement des fouilles put être obtenue grâce à la vente de doublets (ou doublons) provenant des sites palafittiques situés au bord des lacs. Pour Vouga, il ne s’agissait pas de s’enrichir personnellement, juste de couvrir une partie des frais des recherches de la “Commission La Tène”,  par ailleurs très mal subventionnée.

Fouilles interdites sous peine d’amende

Il faut cependant se demander, à l’heure des réductions des subventions étatiques dans les musées, si la pratique du doublet ne pourrait pas avoir quelque intérêt dans la gestion et la sauvegarde de certaines collections d’objets. Au demeurant, même si  tout objet est unique en soi, il ressort des typologies que l’on s’ingénie à construire que l’on peut très bien rassembler certains objets semblables, voire identiques, dans des types bien définis, comme on le fait avec des pièces de monnaies, des amphores romaines ou des haches en bronze. Ne serait-il dès lors pas possible, afin de palier aux réductions de crédits, de vendre une partie des collections des musées ou des objets de fouilles après étude, au lieu de les mettre en dépôts non visitables?  Dans le texte de l’Ordonnance sur le fonds des musées de l’Office fédéral de la culture (OFC), qui règle le cas des collections de la Fondation Musées Suisses directement gérées par la Confédération, la possibilité de vendre des objets des collections pour alimenter les comptes est bien évoquée. Cependant il est précisé que « La vente d’objets de collections n’est possible qu’en vue du financement de l’achat de nouveaux objets de collections et est soumise à l’approbation de la direction de l’OFC », ce qui est en accord avec le code de déontologie prôné par l’ICOM. Est-ce que les pays au patrimoine archéologique riche, comme l’Italie, la Grèce ou l’Egypte, mais pauvres en financement ne pourraient pas penser à la cession de leur doublets pour assurer la conservation de leurs collections ou de leur patrimoine en place de l’acquisition de nouveaux objets? Cela permettrait peut-être, par la vente d’artéfacts de fouilles légales, de casser le marché des antiquités résultant des fouilles clandestines.

Empreintes et archéologie lunaire

Il y a des événements qui marquent une vie et dont on ne peut que se souvenir, tels les premiers pas de l’homme sur la Lune pour ceux qui étaient déjà nés et assez grands pour le vivre. Ce premier homme, que sa famille à présenté comme un héros malgré lui, s’appelait Neil Armstrong et réalisait par procuration le rêve que des milliards d’humains ayant vécu sur la Terre depuis des milliers d’années croyaient impossible. Il a quitté ce monde samedi dernier à l’âge de 82 ans. Un groupe de scientifiques et d’anthropologues, dans le cadre du Lunar Legacy Projet, cherchent depuis plusieurs années à inscrire au Patrimoine Mondial de l’Humanité le site d’alunissage de la mission Apollo 11 sur la Mer de Tranquillité. Outre les fragiles empreintes laissées par Neil Armstrong et Buzz Aldrin, ils ont fait l’inventaire de 106 artefacts abandonnés par les astronautes.  Selon le « Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la lune et les autres corps célestes » du 27 janvier 1967, tous ces objets demeurent la propriété des Etats-Unis d’Amérique.  Le classement du site a pour but de préserver l’information archéologique in situ, par crainte que de futures missions, voire même touristes spatiaux ne viennent le perturber d’ici cinquante ans. Car tels qu’ils sont, les vestiges et les empreintes de la mer de la Tranquillité peuvent rester intacts pendant des milliers d’années et constitueront sûrement un lieu important de mémoire dans l’avenir comme le suggère la plaque commémorative fixée sur l’un des pieds du module lunaire : «Ici, les hommes de la planète Terre, ont pour la première fois posé le pied sur la Lune en Juillet 1969 ap. J-C.  Nous sommes venus en paix pour l’ensemble de l’humanité. »

3,7 millions d’années entre ces deux empreintes

«Un petit pas pour l’homme mais un bond de géant de l’humanité» est la phrase prononcée par Neil Armstrong qui aura marqué l’événement. Il dira ensuite : «La surface est fine et poudreuse. Je peux la disloquer avec mon orteil. Elle adhère en couches fines comme du charbon en poudre à la semelle et les côtés de mes bottes. Je ne pénètre que d’une petite fraction d’un pouce, peut-être un huitième d’un pouce, mais je peux voir les empreintes de mes bottes et les aspérités dans les fines particules de sable. » En quelques milliers d’années nous sommes passés de l’âge de la Pierre (Stone Age) à l’âge de l’Espace (Space Age). D’autres empreintes apparaissent alors en mémoire pour l’archéologue, celles laissées sans le savoir à Laetoli en Tanzanie, il y a 3,7 millions d’année, par les pieds nus de deux de nos lointains ancêtres bipèdes. Que de pas évolutifs parcourus et de bonds accomplis depuis lors. Et soudain, la transition proposée dans « 2001, l’Odyssée de l’Espace »par Stanley Kubrick entre ces deux âges devient visionnaire et apparaît dans mon esprit comme un clin d’œil à la Lune et à Neil Armstrong.

Howard Carter célébré par un Doodle Google

Le 138 ème anniversaire de Howard Carter est célébré par le Doodle Google de ce jour, avec une représentation de l’archéologue britannique devant une exposition d’objets issus de la tombe de Toutânkhamon. Pour rappel, la découverte du tombeau, le 4 novembre 1922, fut un des grands moments de l’histoire de l’archéologie car c’était la première fois, et la seule, que le dernier séjour d’un pharaon et de tous ses trésors purent être intégralement et méthodiquement mis au jour, après plus de 3300 ans d’enfouissement. Il attendra le retour d’Angleterre de son commanditaire Lord Carnavon pour desceller l’entrée de l’hypogée et à la question de ce dernier «Pouvez-vous voir quelque chose ?», Carter répondit avec ces mots désormais célèbres: “Oui, des choses merveilleuses !”. Une partie de celles-ci sont représentées ci-dessous, dans l’esprit d’une ancienne gravure de presse.

Doodle Google du 9 mai 2012

Howard Carter, qui est né le 9 mai 1874 à Londres, a reçu une formation d’artiste et a été envoyé en Egypte à l’âge de 17 ans pour aider aux fouilles et l’enregistrement des tombes égyptiennes. En 1899, il fut nommé inspecteur au Service des antiquités égyptiennes. Après un différent avec son employeur et la remise de sa démission, il s’engage en 1907 au service de Lord Carnarvon pour superviser ses fouilles égyptiennes. Après seize années de recherches peu fructueuses, alors qu’il entame sa dernière campagne de fouille, il touche enfin au but. Une intuition lui dicte de fouiller près de l’entrée de la tombe de Ramsès VI, et quelques jours plus tard, il peut écrire dans son journal : « Premières marches d’une tombe trouvées ». Ce ne sont pas moins de 5398 objets qui furent portés à l’inventaire par la suite, et qui rendent compte de multiples aspects de la vie dans l’Ancienne Egypte. Une base de donnée en ligne des fouilles de Carter est accessible aux archives de l’Institut Griffith déposées à l’Université d’Oxford. Pour une visite de la Vallée des Rois vous pouvez consulter le Theban Mapping Project. Quand aux anciens Doodles de Google, on peut les redécouvrir sous ce lien.

Profession archéologue

Qu’est-ce qu’un archéologue ? C’est une question à laquelle j’ai été confrontée à de nombreuses reprises. En général je réponds que pour les archéologues, c’est comme pour les médecins, il y a des généralistes et des spécialistes. Le point commun entre tous, c’est que chacun vise par ses diagnostiques et ses traitements à mettre au jour une parcelle du passé de l’humanité à travers l’analyse des vestiges laissés par nos prédécesseurs. C’est cette même question que l’exposition « Profession archéologue », inaugurée le 28 novembre 2011 au siège de l’Unesco à Paris, dans le cadre de la 17ème assemblée générale du Conseil international des monuments et des sites, cherche également à donner une réponse.

Exposition “Profession archéologue” (Photos : Pierre Buch)

Le but de cette exposition itinérante est d’aller au-delà des idées reçues concernant notre profession. Pour ce faire, le photographe Pierre Buch a sillonné sept pays européens pour rencontrer les archéologues dans leur cadre quotidien. La Convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique, établie à Malte en 1992, qui donne les bases pour l’établissement de l’archéologie préventive, a changé fondamentalement l’idée que le grand public doit se faire de l’archéologue, encore trop souvent perçu comme un chasseur de trésor à l’exemple d’Indiana Jones, qui a fêté ses trente ans au cinéma, ou celle de Lara Croft, qui a célébré ses 15 ans d’aventures virtuelles. Dans les faits, l’archéologie est plutôt une profession atypique, qui a besoin de reconnaissance officielle, car encore trop souvent assimilée à une forme de dilettantisme. Notre tort, sans doute, c’est d’exercer une profession de rêve, soutenu par notre passion, car l’archéologie est sexy, comme le montre de manière humoristique ce petit film sur YouTube.

Le 11.11.11 annonce-t-il la fin du calendrier maya?

Aujourd’hui est une date singulière dans le calendrier grégorien utilisé dans le monde occidental, puisqu’on peut la résumer par une suite de uns, soit 11.11.11. Certains y voient une occasion unique de célébrer leur mariage avec une date dont les couples ainsi formés n’auront pas de difficultés à se souvenir dans l’avenir. D’autres avancent déjà celle du 12.12.12 pour jouer les oiseaux de mauvais augures et annoncer la fin du monde. Ces derniers se voient confortés dans leur croyance par la fin programmée du calendrier maya, le 21 décembre 2012. Les Mayas furent pour l’Amérique ce que les Grecs furent pour l’Occident, la civilisation la plus développée sur le plan des mathématiques et de l’astronomie. Ces connaissances leur permirent de développer un système de calendrier basé sur un ensemble de cycles complets de jours, de mois et d’années.

Modèle de correspondance des cycles calendaires

L’unité de base du système, comme pour nous, est le jour ou kin. La seconde unité, n’est pas la semaine de sept jours, mais l’unial, une série de vingt jours correspondant à nos mois. Dans ce système vigésimal (à base vingt), le troisième niveau de lecture est le tun, qui n’est pas de 20 unials ou 400 jours, mais exceptionnellement de 18 unials soit 360 jours, cycle qui permet de se rapprocher de l’année solaire, qui se termine par un 19ème mois de 5 jours pour compléter l’année. Ce cycle annuel de 365 jours est mis en relation avec un cycle court de 260 jours pour créer un compte long. Ce calendrier complexe se révèle de fait aussi précis que le nôtre puisqu’il permet de donné une date unique à chaque jour qui passe, comme nous pouvons le faire en évoquant, par exemple, le 14 juillet 1789. Sur cette base le début du cycle du calendrier maya, le 0.0.0.0.0 du cycle long correspond au 11 août 3114 av J.-C. et il se terminera le 13.0.0.0.0 du cycle long, soit le 21 décembre 2012. Mais comme la fin d’une année, d’un siècle ou d’un millénaire ne constitue pas pour nous la fin du monde, il en est de même avec le calendrier maya qui amorcera tout simplement un nouveau cycle le 22 décembre 2012. Rendez-vous donc à l’année prochaine !

Dans le sillage des Arkéonautes

Venant de terminer le premier module d’un cours de formation sur les médias sociaux et les communautés en ligne, je me demande ce que peut être un réseau social pour archéologues et fans d’archéologie? Il semble que notre domaine relié au passé part sur de bonnes bases car la Bible, le Nouveau Testament et le Coran, constituent pour certains spécialistes les premiers récits rédigés comme des hypertextes dans la mesure où ils contiennent des liens entre les différentes parties du texte et que la structure du récit est non-linéaire. De même, une découverte archéologique n’a de valeur qu’à l’intérieur de son contexte, et ce sont les liens entre les artefacts entre eux et leur environnement qui leur donne leur importance. De ce fait, toute antiquité sans contexte archéologique, car issue du pillage de site, ou, ce qui est aussi grave, non publiée, est une découverte perdue pour la connaissance humaine. Encore faut-il faire passer les informations et c’est pour cela que le développement d’une véritable communauté en ligne serait nécessaire.

Un réseau à tisser.

L’archéologie pour se développer à besoin de se constituer en réseaux de connaissances, à la fois humaines et matérielles. C’est dans cet esprit de mise en réseau qu’a été conçu l’Atelier des Arkéonautes (ADA). Ce portail, comme il l’indique dans sa page d’accueil, veut donner la parole « aux chercheurs, enseignants, artistes, professionnels, journalistes, hommes et femmes politiques, représentants de la société civile, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs concernés par le patrimoine archéologique » dans le but de le promouvoir et de le valoriser. Ce sont les vidéos qui forment l’essentiel du fonds documentaire de l’association. Pour être en contact avec son public et les internautes, l’ADA s’est enregistré dans de nombreux médias sociaux, tels Facebook, Twitter, Scoop.it, YouTube ou Tumblr. La partie la plus collaborative du site se trouve actuellement sur la plateforme Dailymotion, qui propose, sous la forme de concours, de visionner et de voter d’ici au 6 octobre, pour l’un ou l’autre des films archéologiques en compétition. Le film gagnant sera promu sur la page d’accueil de l’ADA et prendra part à la prochaine Fête de la Science qui aura lieu du 12 au 16 octobre 2011. L’Atelier des Arkéonautes, un exemple à suivre.