Le parfum des fleurs des Pharaons

C’est avec un sentiment de déjà-vu que l’amateur  d’égyptologie entre dans la nouvelle exposition du Laténium « Fleurs des Pharaons ». Un alignement de sarcophages dressés se présente sur la droite contre la paroi comme  dans le tombeau de Kih-Oskh dans lequel pénètre Tintin dans «les Cigares du Pharaon». L’archéologue, quant à lui, doit se remémorer la découverte de la cachette des momies royales de Deir el-Bahari en 1881, ainsi que d’une autre cache toute proche découverte un peu plus tard en 1891, ayant conduit à la mise au jour du double sarcophage de Nesi Maout, prêtresse d’Amon –Rê au cours de la XXIe dynastie, en même temps que 152 autres sarcophages de grands prêtres. Mais ce qui retient l’attention de cette exposition, ce ne sont pas ces cercueils provenant de la collection égyptienne du Musée d’ethnographie de Neuchâtel ni même l’histoire des momies qu’ils contenaient, mais les fleurs qui étaient ensevelies en même temps que d’autres corps momifiés bien plus illustres.

FleursDePharaon
Anubis était aussi présent à la Nuit des musées

En 2010, l’archéobotaniste Christiane Jacquat remarqua une collection de fleurs séchées dans les caves de l’Institut de botanique de l’Université de Zürich. Elle découvrit que ces fleurs avaient été offertes en 1890 au Jardin botanique de Zürich par le célèbre égyptologue Gaston Maspero, et, avec le temps, la trace en avait été perdue. Or, il s’agissait des fragments des guirlandes funéraires qui se trouvaient enfouies dans la célèbre cachette de Deir el-Bahari  où les plus prestigieuses momies royales des XVIIIe et XIXe dynasties avaient trouvé refuge, parmi lesquelles  Amosis, Thoutmosis Ier, II, III, Aménophis Ier, Ramsès Ier, II, III, Nefertari et Hatshepsout. Ainsi le titre de l’exposition «Fleurs des Pharaons » n’est pas usurpé car les fleurs séchées exposées et savamment présentées ont bien passés plusieurs millénaires auprès des plus grands pharaons du Nouvel Empire. La survivance de ces fragiles vestiges botaniques n’est pas sans faire écho au même miracle qui permet l’étude des macrorestes végétaux dans les villages des Palafittes, dont Christiane Jacquat est une des plus grandes spécialistes et tout naturellement  la commissaire scientifique de cette exposition à voir jusqu’au 2 mars 2014.


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