Avec prudence, montre-moi ton patrimoine !

« Montre-moi ton patrimoine », c’est l’appel que vient de lancer la direction du Laténium, Parc et musée d’archéologie de Neuchâtel, en partenariat avec notreHistoire.ch, a toutes les personnes dépositaires d’images présentant une ou des personnes immortalisée(s) devant un élément du patrimoine archéologique suisse. Les photographies, diapositives ou films retrouvés dans les albums de famille, les greniers ou les smartphones, ainsi que les histoires qui les accompagnent, peuvent être déposés ou envoyés directement au musée, ou sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram. Ouverte jusqu’au 31 octobre, cette collecte a pour but avoué d’associer le grand public à un projet financé par le Fonds National Suisse de la recherche scientifique (FNS) : « Émotions patrimoniales : l’archéologie suisse dans la mémoire visuelle collective ».  A partir de mai 2019, le résultat de cette quête fera l’objet d’une exposition au Laténium, conçue dans le cadre du vaste projet de communication scientifique du FNS, Agora, qui a pour objectif de promouvoir le dialogue entre les scientifiques et la société.
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Grotte de Sainte-Colombe (JU), 21 mai 2018.

Dans le but de participer à cette collecte, j’ai cherché dans mes archives et j’ai trouvé une série d’images réalisée dans la grotte de Sainte-Colombe, près d’Undervelier, dans le canton du Jura. En plus d’un lieu bien défini appartenant sans conteste au patrimoine archéologique suisse, je peux sans difficulté préciser la date (16 mai 1992), ainsi que le contexte, dans lequel ces clichés ont été pris. Or, comme ces épreuves ont été réalisées par un photographe professionnel et même si elles ont été faites à la demande de ma famille, il m’est impossible de les transmettre au Laténium sans enfreindre les droits inaliénables du photographe. C’est pour cela qu’il est demandé expressément aux participants à « Montre-moi ton patrimoine » d’accepter de céder les droits d’utilisation de leurs images, partant du principe qu’ils sont eux-mêmes les auteurs des documents ou les héritiers des ayants droits. Sans l’accord de l’auteur, il faudrait attendre 70 ans après sa mort avant de pouvoir les utiliser en dehors du cadre restreint de ma famille ou de mes proches. De plus, en admettant que j’aie été moi-même le photographe, comme le sujet principal de l’image sont des personnes et pas le lieu de la prise de vue, en vertu de l’article 28 du Code civil suisse, traitant de la protection de la personnalité, il me faudrait encore obtenir le consentement de ces personnes pour permettre leur diffusion dans le cadre d’une exposition publique. Face à ces embuches légales, ces images resteront prudemment dans mon album de photographies.


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