L’astronomie grecque ancienne à l’honneur

Parmi les spectacles naturels qu’il nous est donné de contempler, la découverte de la voûte céleste est certainement celui qui me fascine le plus. Après avoir tourné mon regard sur la Lune et les planètes, c’est à l’apprentissage des noms d’étoiles et des formes des constellations que j’ai passé une partie de mon adolescence. Dans le passé, cette observation devait être d’autant plus merveilleuse que le ciel était dépourvu de la pollution lumineuse constante due à l’éclairage de nos villes et villages. Si aujourd’hui, chacune des 6000 étoiles visibles à l’œil nu portent un nom et sont réunies dans 88 constellations, cela résulte en grande partie de ce que les Grecs de l’Antiquité nous ont transmis de leurs propres connaissances et de celles rapportées des Mésopotamiens. Nous savons par les textes, comme ceux d’Homère ou d’Hésiode, que les Grecs voyaient dans le ciel des formes humaines ou animales pour représenter les constellations afin de mettre un certain ordre dans le semis chaotique des étoiles et aider les hommes dans le cycle des travaux des champs ou les marins dans leur navigation.
SkyphosHalae
Le Skyphos d’Halae (montage photographique)

Un archéologue américain, John Tristan Barnes, a mis en lumière dans une vitrine du musée archéologique de Lamia, dans le centre de la Grèce, un skyphos corinthien découvert dans les fouilles d’Halae en Locride, qui semble montrer l’une des plus anciennes représentations des constellations connues. Daté de 625 av. J.-C, ce récipient présente une frise d’animaux qui se succèdent sur un rang parsemé de croix qui paraissent évoquer des étoiles. Selon ce chercheur, les figures de cette coupe seraient celles du Taureau, du Petit chien, de l’Hydre, du Grand chien, du Scorpion, du Lion et du Dauphin. Un commentateur éclairé, Arnaud Zucker, cité dans le blog de Nicolas Constans, pense que le Dauphin pourrait être une Baleine, et qu’une figure isolée, interprétée par Barnes comme un motif floral, pourrait être également perçue comme celle de la constellation de l’Autel. Ainsi on aurait dans l’ordre du défilé sur le vase: Taureau, Autel, Hydre, Petit chien, Grand chien, Scorpion, Baleine et Lion. Une partie de la coupe, un tiers environ, manque, ce qui ne permet pas de vérifier l’hypothèse finale retenue par Barnes dans la conclusion de son article publié dans la revue Hesperia, qui est celle de la ronde des saisons dans le ciel nocturne. Si l’on compte bien huit figures conservées, le nombre total des figures aurait pu être de douze, ce qui peut correspondre aux douze mois de l’année ou aux douze signes du zodiaque. Du reste comme l’indique clairement Wikipedia : ” le mot « zodiaque » vient du mot grec zodiakos [kyklos], « cercle de petits animaux », de zodiaion, diminutif de zoon : « animal ». Ce nom vient du fait que toutes les constellations du zodiaque (sauf la Balance, anciennement partie du Scorpion et le Verseau) figurent des créatures vivantes “.  L’étude de cette coupe m’aura  permis en tout cas de raviver mon intérêt pour l’archéoastronomie.


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