Tous parents, tous différents

Vous vous souvenez comme moi, peut-être, de cette exposition montée en 1993 dans le cadre du Musée de l’Homme à Paris intitulée « Tous parents, Tous différents ». On y présentait, entre autres, comment les généticiens parviennent à suivre les migrations grâce à la répartition des gènes dans la population humaine selon le principe : même gêne, égal, même ancêtre. A l’époque, on ne disposait que de quelques études pour établir les filiations des différentes communautés. Un programme de recherche de grande ampleur, intitulé Genographic Project, a débuté le 13 avril 2005. Lancé par la National Geographic Society et la société IBM, financé par la Waitt Family Fondation, ce projet vise à établir, sur une échelle sans précédent, la variabilité génétique des 6 milliards d’humains que compte la Terre. Cette recherche, d’une durée de cinq ans, dirigée par un généticien, Spencer Wells, entourés d’historiens, de linguistes et d’archéologues, va permettre de collecter des échantillons d’ADN de plus de 100000 individus, principalement dans des populations autochtones. Avec un budget de 40 millions de dollars, l’étude devrait aboutir à l’une des plus importantes banques de données sur la génétique des populations jamais constituées. Les marqueurs génétiques principalement utilisés sont l’ADN mitochondrial transmis par la mère, et le chromosome Y transmis par le père. Ils permettent de retrouver les groupes humains qui ont un ancêtre commun, et d’estimer quand il a vécu. Ainsi, l’objectif est de retracer les mouvements migratoires de l’humanité depuis 60000 ans.

TPTD
Extrait de l’affiche de l’exposition “Tous parents, tous différents”

En marge du projet scientifique, le Genographic Project permet aussi au grand public intéressé des pays industrialisés de connaître leurs racines. En achetant en ligne une trousse d’analyse à 100 dollars, tout un chacun peut réaliser lui-même un prélèvement buccal et l’envoyer au centre de recherche qui analyse soit l’ADN mitochondrial (provenant de la mère de la mère etc. de sa mère), soit le chromosome Y (provenant du père du père etc. de son père). La comparaison avec la base de données ainsi constituée permettra alors de connaître un peu mieux ses propres ancêtres, et de voir quel a été le parcours de sa famille depuis les origines de son lointain berceau africain.


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