Category Archives: Mondes virtuels

Le vrai visage de Cléopâtre VII

Après la découverte d’un buste antique dans les eaux du Rhône à Arles cet été, censé être le vrai visage de César, voici que sur de nombreux sites du web s’affiche le vrai visage de son amante, Cléopâtre, en image de synthèse. Il est le résultat de l’analyse systématique des représentations connues de la dernière souveraine de l’Egypte. De fait, si ce visage n’est pas de pierre, il ne nous laisse cependant pas de marbre et est susceptible de relancer la polémique entre ses nombreux admirateurs pour savoir qu’elle est la dominance de son ascendance: hellénistique ou égyptienne, car cette restitution la présente bien métissée. Les cinéphiles constateront que si ce portrait est peu comparable au visage de l’actrice Liz Taylor dans le Cleopatra de Joseph Mankiewicz, il n’est pas loin de ressembler à celui de la comédienne Lynsdey Marshal qui prête ses traits à la reine dans la série télévisée Rome.

Cléopâtre VII virtuelle
Cléopâtre VII virtuelle (photo : Atlantic Productions)

Ce nouveau visage de Cléopâtre nous le devons au travail de comparaison effectué pendant une année par l’égyptologue Sally Ann Ashton et une équipe d’informaticien, en vue de la production d’un documentaire sur la vie et la mort du dernier pharaon d’Egypte. Curatrice auprès du Fitz William Museum de Cambridge, Angleterre, qui possède l’une des plus remarquable collection d’antiquité égyptienne de Grande-Bretagne, Sally Ann Ashton est surtout l’auteur de nombreux livres sur l’Ancienne Egypte et en particulièrement sur Cléopâtre, dont le récent « Cleopatra and Egypt ». Quant à Cléopâtre on sait qu’elle est née à Alexandrie en 69 avant notre ère, qu’elle est montée sur le trône à l’âge de 17 ans, trois ans avant de rencontrer Jules César et on dit qu’elle est décédée à la suite de la morsure d’un serpent venimeux après le suicide de son prince, Marc-Antoine, en 30 avant J.-C.

Ave Google Earth, internauti te salutant !

L’année dernière était présenté à la mairie de Rome le projet « Rome Reborn » qui aurait du conduire à une présentation sur place de la ville antique en 3D. Mais, malgré cette annonce officielle, rien n’a été réalisé in situ, comme j’ai pu le constater dernièrement. Entre temps, comme nous l’apprend le site internet de l’Université de Virginie en charge du projet, une version 2 de « Rome Reborn » est en préparation. Cependant, rien de ce travail n’est perdu, car les données collectées pour la version 1 viennent d’être reprises par la société Google qui, en partenariat avec la société Past Perfect Productions, les a misent en ligne pour les internautes sous la forme d’un calque intégré à Google Earth. Pour activer ce nouveau module 3D, il suffit, une fois le logiciel téléchargé et ouvert, d’ouvrir la section Infos pratiques, de chercher le sous-menu Galerie puis de sélectionner la case « La Rome antique en 3D ». On peut également s’en faire une idée grâce à une petite vidéo sur You Tube.

Forum romain dans Google Earth
Vue du Forum romain dans Google Earth

Le modèle de la Rome antique présenté ici est censé être celui de la ville sous le règne de l’empereur Constantin, soit en l’an 320 de notre ère. Mais une petite visite sur le forum nous montre qu’en face de la tribune des rostres on découvre la colonne de Phocas, qui n’a été dressée qu’en 608 ap. J.-C. Mais ne boudons pas notre plaisir. Après le téléchargement de 270 Mo de données, ce ne sont pas moins de 6700 bâtiments de l’Urbs, plus ou moins détaillés, qui s’offrent à notre contemplation avec un accent particulier mis sur onze monuments, parmi les plus célèbres, que l’on peut également parcourir de l’intérieur soit le Colisée, le Ludus Magnus, le temple de Vénus et de Rome, le temple de Vesta, le forum Julii, la Regia, la Curie, le Tabularium et les basiliques Julienne, Emilienne et de Maxence. De plus, 250 notices permettent d’en savoir plus sur les monuments. Enfin, si vous êtes un spécialiste de la topographie de la Rome antique et que vous voulez contribuer par vos connaissances à la publication du modèle numérique, Bernard Frischer, responsable du projet Rome Reborn, vous invite à prendre directement contact avec lui, pour y intégrer vos données. A terme, on devrait même pouvoir naviguer dans le temps, grâce à un curseur de type Time line, et ne faire apparaître que les monuments présents à un moment précis de l’histoire de la ville éternelle.

Via Flaminia, urbi et orbi

Ayant eu l’occasion d’en parler l’hiver dernier dans ce blog, j’ai profité de mes vacances à Rome, la semaine dernière, pour me rendre aux Thermes de Dioclétien et y essayer sa dernière attraction: le Musée virtuel de l’antique Via Flaminia. Je m’attendais à devoir réserver mon accès comme à la Domus Aurea de Néron, ou à me mettre dans une file de visiteurs comme à la Domus Augustana sur le Palatin, mais en fait, rien de tel. En famille, nous avons pu, dès notre arrivée au musée, nous mettre aux commandes de nos avatars, et suivre les différentes étapes de ce voyage dans le temps. Nous y avons ainsi passé avec plaisir près de deux heures. Pour des visiteurs ordinaires, comme nous avons pu le constater, cela est cependant trop long. De plus il faut comprendre l’italien, car aucune traduction n’est disponible pour l’instant. La réalisation de cette visite virtuelle a été confiée à l’Institut pour les technologies appliquées aux biens culturels de Rome affilié au Conseil national des recherches italien (CNR) en collaboration avec la Surintendance archéologique de Rome et le Musée national romain et placée sous la direction scientifique de Maurizio Forte et technique de Claudio Rufa.

Auguste, Via Flaminia

Rencontre avec Auguste

Le site internet destiné à présenter cette application offre la possibilité de télécharger chez soi la partie la plus interactive de l’animation, puisqu’il s’agit de visiter les ruines puis une reconstitution de la villa de Livie à Prima Porta. Il suffit pour cela de cliquer sur le lien « Download VR Application of Livia’s Villa » qui charge un fichier compressé de 346 MegaBytes (ce qui en fonction de la qualité de sa connection internet prend un certain temps), qu’il faut ensuite décompresser dans son disque dur à l’aide du logiciel WinZip. Une fois lancé sur son ordinateur il faut encore installer, si on ne l’a pas déjà fait, le programme de visualisation 3Dvia basé sur le moteur graphique « Virtools » développé par Dassault Systèmes. Alors que dans le musée, quatre avatars à la fois peuvent être dirigés par les visiteurs, seul un des avatars est disponible. Mais, à part cela, tout le programme de visite, de même que tous les documentaires en lien avec la villa, visibles dans la présentation du musée, sont accessibles tranquillement chez soi. Si ce genre de visite à domicile vous plaît, poursuivez par celle de la Cité interdite de Pékin. Bonnes visites virtuelles, urbi et orbi.

Voyage au bout de la nuit à l’Archaeorama

Rossella Lorenzi est journaliste pour la chaîne de télévision Discovery Channel. Depuis quelques mois elle rédige, Archaeorama, un blog sur l’actualité de l’archéologie. Il y a quelques semaines elle s’est mise en tête de créer une extension de son blog dans l’univers virtuel de Second Life (SL). Ainsi, son avatar, Rossy Morenz, a inauguré le 18 mai dernier dans SL, l’Archaeorama; un centre pour une archéologie 3D interactive. La première exposition présentée dans cet espace s’intitule « La chambre des secrets » (Chamber of Secrets), une libre adaptation de trois importants textes funéraires de l’Ancienne Egypte  l’Am-douat, le Livre des Cavernes et le Livre des Portes. Les anciens Egyptiens croyaient que pour renaître à la vie éternelle les défunts devaient accomplir un voyage nocturne de douze heures, le Douat, à l’instar de Rê, le dieu Soleil, qui disparaît le soir avant de réapparaître le lendemain.

Archaeorama chambre 5
Ci-gisent les damnés de la cinquième heure

Chaque heure de la nuit est représentée symboliquement par une porte et une salle que la barque de Rê et son équipage doivent franchir et dans laquelle se trouve une embûche ou une énigme à surmonter. Ainsi dans la septième salle, illustrant la septième heure, le voyageur est confronté au serpent Apopis et doit lui échapper. Le voyage se termine chaque matin à la douzième heure, avec le levé du soleil, symbole de la renaissance. Du point de vue visuel, cette présentation est basée sur les clichés du photographe Sandro Vannini ayant servi d’illustrations au livre de Zahi Hawass « The Royal Tomb of Egypt : The Art of Thebes Revealed ». Ce voyage au bout de la nuit s’accomplit sur le sim Jeju/194/160/100. Pour ceux de mes lecteurs, dépourvus d’un avatar, qui voudraient néanmoins se faire une idée du projet de Rossella Lorenzi, elle a mis en ligne un petit clip vidéo réalisé en Machinima, une technique pour filmer en temps réel des actions accomplies dans un monde virtuel.

Echo de la JIM 2008 dans Second Life

Explorez ! Amusez-vous ! Discutez ! Participez ! Bonne journée internationale des Musées !. C’est par ces termes que se termine le message officiel de bienvenue qu’Alissandra Cummins, la présidente du Conseil International des Musées (ICOM), destinait hier aux participants à la première Journée internationale des Musées (JIM) dans Second Life(SL). Sur le coup de 18h, heure de Paris, dans les jardins du Tech Museum of Innovation dans SL, dans un autre discours, son avatar, Alissandra Chunes, insista particulièrement sur l’importance des nouvelles technologies pour la réalité contemporaine du patrimoine culturel, et, selon ses propres mots, elle « invite les institutions muséales à participer à la réalisation des créations virtuelles ainsi que d’explorer les possibilités d’innover et d’expérimenter, afin de créer un nouveau patrimoine culturel partagé par tous».

La Grotte de l'ICOM dans SL

Vue du porche d’entrée de la grotte virtuelle

En écho aux paroles de leur présidente, en parallèle, les responsables de l’ICOM ont également profité de cette journée pour inaugurer une exposition virtuelle installée dans SL conçue comme un prototype de musée virtuel sur l’art pariétal. Constatant que la volonté de laisser une marque de son passage sur Terre semble une constante naturelle de l’homme, cette exposition cherche a sensibilisé le public à l’importance de cet art dans cette perspective. Autrefois les hommes ont peint les représentations animales de la grotte Chauvet, aujourd’hui cela se traduit par des graffitis ou des tags sur les murs de nos villes. Comprendre une peinture rupestre ou un pétroglyphe peut prendre une vie, mais il faut au préalable assurer leur sauvegarde, d’où les problèmes inhérents à leur découverte et à leur conservation. Dans la vaste grotte virtuelle installée dans le parc attenant au Tech Museum of Innovation dans SL des peintures et gravures de différentes époques et cultures se côtoient, mais il faut, pour l’instant, être un connaisseur averti, car aucune explication n’est actuellement donnée sur l’origine et la provenance des œuvres présentées. Un petit défaut que l’une des responsables de l’ICOM a promis de faire corriger.

Nuit et jour au musée

Samedi 17 mai, partout en Europe, ce sera la nuit des musées. Cette soirée va permettre au public de découvrir 2000 musées en dehors de leurs heures d’ouverture habituelles et cela gratuitement. Comme l’année dernière le ministère français de la culture a mis en ligne pour l’événement un site Internet qui a pour tâche de réunir tous les programmes des musées européens participants, y compris extra communautaires, puisqu’on y trouve également ceux de Suisse, de Russie et d’Azerbaïdjan. Pourtant, la coordination et l’information ne semblent toujours pas fonctionner dans le domaine muséal car on constate, comme l’année dernière, que certains musées n’ont pas transmis leur programme sur l’un ou l’autre de ces sites.

JIM2008
La journée au musée (extrait de l’affiche ICOM)

Le lendemain, le dimanche 18 mai, aura lieu la traditionnelle journée internationale des musées organisée sous le patronage du Conseil international des musées (ICOM). Cette année, la 31ème journée internationale des musées est placée sous le titre générique : «Musées : agents du changement social et du développement». Toutefois, la grande nouveauté introduite cette année, c’est l’invitation faite au public de créer des avatars dans l’univers virtuel de Second Life (SL) pour assister au « plus grand rassemblement de professionnels de musées en ligne jamais vu » dans le musée virtuel « The Tech Virtual » sur SL, succursale virtuelle du « Tech Museum of Innovation », un musée des technologies établi à San Jose en Californie. Pour encourager la curiosité des visiteurs intéressés à cette visite, l’ICOM vient même de publier sur son site Internet un petit mode d’emploi en anglais, français et espagnol pour accéder à SL. Pour les manifestations prévues en Suisse pour la nuit ou pour la jounée on trouve un programme assez complet sur museums.ch « la plateforme des musées en suisse » mise en place par l’Association des musées suisses et l’ICOM-Suisse, avec des liens Internet directs vers les différentes institutions muséales. Alors, comme chaque année, bonnes visites à tous, en tous lieux, de jour comme de nuit, dans le monde réel ou virtuel.

Des archéologues dans Second Life

Quels intérêts peuvent avoir des archéologues professionnels à investir un univers virtuel tel celui de Second Life (SL) ? Sans doute celui de prendre contact d’une manière différente avec le grand public et de lui insuffler une part de leur passion ou des résultats de leurs recherches. C’est en tout cas ce que se sont donnés comme but les membres du groupe des « Virtual Archaeologists » fondé il y a deux mois par l’avatar Humperdinka Bade et dont mon propre avatar, Ulysse Alexandre, fait partie. La première réalisation à mettre à l’actif de ce groupe, c’est la restitution, à échelle réduite, du temple d’Amon à Louxor. La cheffe de projet, l’avatar Jachmes Masala, organise régulièrement des visites guidées du monument pour les résidents de SL. Il y a trois semaines, Torin Golding, nom de l’avatar propriétaire du sim Roma, ayant pour thème la Rome antique, a construit un espace pédagogique présentant un chantier de fouille. Les visiteurs, par l’entremise de leur avatar, peuvent ainsi s’initier aux différentes étapes du travail sur le terrain de l’archéologue, en commençant par le maniement de la truelle, de la pelle ou de la pioche, en poursuivant par une explication sur différentes méthodes de datations comme la stratigraphie, la typologie ou la dendrochronologie, pour terminer par la photographie, le criblage à sec ou le tamisage à l’eau des sédiments pour en extraire des petits objets ou des macrorestes organiques. La visite s’achève sur une mise en garde contre les fouilles clandestines et le trafic illicite du patrimoine archéologique.

Fouille archéologique dans SL
Une fouille archéologique expliquée dans Second Life

Les prochains événements mis à l’agenda archéologique des SLiens (habitants de SL) c’est d’abord l’ouverture, vendredi prochain 11 avril, par l’avatar Marso Mayo, d’une dépendance virtuelle du Musée d’histoire naturelle de la ville de Vienne, en Autriche. Ensuite, le samedi 12 avril, à 20h (GMT) l’équipe de l’île Okapi et les archéologues de Berkeley à Çatalhöyük, invite le public virtuel à suivre en direct sur écran-web la conférence que donnera, dans une salle de cours réelle, Ruth Tringham, professeur d’anthropologie à l’université de Berkeley, intitulée « Bridging the gap between Real, Imagined and Virtual at the 9000-year old archaeological site of Çatalhöyük, Turkey ». Sa présentation sera suivie par une visite, sous la conduite de son avatar Ruth Galileo accompagné des avatars de ses étudiants, de la reconstruction virtuelle du célèbre village néolithique. Morale de l’histoire : lorsqu’on est vraiment passionné on ne se contente pas d’une seule vie pour communiquer sa passion : il en faut une seconde.

Nunc est bibendum

Dimanche a eu lieu dans Second Life (SL), à l’intérieur du Monastère du sim Alpine Meadow, l’inauguration d’une exposition virtuelle temporaire intitulée, Nunc est bibendum, dont le thème est celui de la cuisine romaine. Une passionnée du monde romain qui a pour nom d’avatar Popea Heron a conçu les objets présentés et rassemblé les documents iconographiques qui permettent aux visiteurs virtuels d’appréhender les divers éléments de l’apprêt des aliments et de l’art de la table au temps d’Apicius. Cette présentation est tout à fait convaincante et intègre une conception moderne de la muséographie qui veut que l’exposition ne soit pas seulement une juxtaposition d’objets assortis d’étiquettes, mais une véritable création dans laquelle le visiteur est actif. Ainsi sera-t-il amené dans le jardin du cloître à faire fonctionner un pressoir à olive, à fouler des grappes de raisin et à moudre du grain, puis, dans une cuisine aménagée, à pétrir et à rouler de la pâte à pain. Chaque aspect de la nourriture à Rome est abordé à l’aide de fresques, de peintures ou de mosaïques illustrant le thème abordé et les informations, dispensées à l’aide de fiches (notecards) rédigées en anglais, français et italien. La visite se termine dans un triclinium ou les visiteurs, devenus convives, sont appelés à connaître les noms de neuf sortes de vins en puisant le cru choisi dans une grande amphore. C’est maintenant qu’il faut boire!

Avatars dans l'exposition Nunc est bibendum

Les activités en cuisine (d’autres images dans Flickr)

Second Life, développé par Linden Lab, est un programme téléchargeable gratuitement sur Internet qui permet à chaque internaute connecté et ayant créé son avatar d’explorer l’univers virtuel persistant en 3D de loin le plus interactif, puisque presque tout ce qu’on peut y voir ou y faire résulte des créations d’autres avatars. Et la culture, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord en suivant les médias, est bien présente dans SL. On y trouve en particulier de nombreux musées virtuels et même des musées réels y ont leur extension. Ainsi, depuis mai 2007, la Staatliche Kunstsammlungen de Dresde, le musée d’art de la Saxe en Allemagne est installé dans SL. D’ailleurs les responsables de l’ICOM ne s’y sont pas trompés et commencent à mesurer tout l’intérêt des mondes virtuels pour l’avenir des musées. Ainsi cette année, à l’occasion de la journée internationale des musées du 18 mai, en vedette des activités proposées sur icom.museum se trouvera The Tech Museum of Innovation, le musée de technologie de San Jose, Californie, qui a bâtit dans SL un complexe muséal où se trouve expliqué, dans le cadre d’un atelier virtuel, comment concevoir une exposition. En muséographie virtuelle tout est encore à inventer, et dans ce sens, l’exposition, Nunc est bibendum, montre avec succès une des voies à suivre.

Chemin faisant virtuel sur la via Flaminia antica

Depuis le 8 janvier, les visiteurs du Musée national des thermes de Dioclétien, à Rome, peuvent accéder à une attraction spectaculaire: le musée virtuel de la Via Flaminia antica. Dans une salle spécialement prévue à cet effet, quatre visiteurs à la fois, dirigent l’un ou l’autre des quatre personnages virtuels à disposition, sur une portion reconstituée en 3D de la voie Flaminia, la grande route menant de Rome à Rimini, soit entre le pont de Milvius, qui franchit le Tibre au Nord de Rome, jusqu’à la zone archéologique de Grottarossa près du site de Malborghetto. En chemin, par l’entremise de leur avatar, les visiteurs voient de nombreux monuments et rencontrent d’autres personnages virtuels comme un légionnaire montant la garde près du pont Milvius, à la veille de la bataille entre les troupes de Constantin et celles de Maxence. Arrivé à Prima Porta, ils visitent la maison de Livie, l’épouse de l’empereur Auguste. Ils ne découvriront d’abord que les ruines de la maison, avant que, par la magie du virtuel, le décor ne se transforme et que la maison renaisse à la vie, telle qu’elle était il y a un peu plus de 2000 ans. Ils rencontreront ainsi Livie de même que l’empereur Auguste dans leur cadre quotidien.

Maison de Livie
Un avatar découvre la maison de Livie

Comme chef de projet de cette présentation on trouve Maurizio Forte, qui s’est fait connaître, il y a quelques années, pour son remarquable ouvrage « Archéologie virtuelle, le passé retrouvé ». Fruit de la collaboration entre chercheurs de l’ Institut pour les technologies appliquées aux biens culturels, qui dépendent du Conseil national des recherches italien, le CNR, et de la Surintendance archéologique de la ville de Rome, cette reconstitution a nécessité deux ans de travail. Archéologues, architectes et informaticiens, ont mis leurs connaissances et leur savoir-faire en commun pour donner à la végétation et aux bâtiments leur aspect à l’époque romaine en utilisant la plateforme 3D Virtools développée par Dassault Systèmes. L’ensemble de cette reconstruction a coûté 810?000 euros, dont 750?000 proviennent de la Société pour le développement de l’art, de la culture et du spectacle, Arcus. A terme, les concepteurs du projet prévoient également d’offrir une reconstitution virtuelle de la maison de Livie pour les avatars peuplant l’univers de Second Life.

Bienvenue sur l’île d’Okapi!

C’est par des grands panneaux de signalisation «Welcome to Okapi Island» que les avatars des visiteurs sont accueillis sur l’île virtuelle d’Okapi dans SecondLife (SL). Cette île, ou ce « sim» selon le langage des résidents de SL, présente une reconstitution en 3D d’une partie du village néolithique de Çatalhöyük. Le site originel, daté du 7ème millénaire avant notre ère, se trouve au centre de la Turquie, et a été fouillé entre 1961 et 1965 par James Mellaart. Il y a mis au jour des habitations, faites de briques crues et de roseaux, accolées les unes aux autres, et dont le seul accès se faisait à l’aide d’une échelle et d’une ouverture sur le toit. Depuis 1993 un programme international de recherches y est mené, conduit par l’archéologue anglais Ian Hodder. Parmi les participants se trouve une équipe de l’université étasunienne de Berkeley, qui en parallèle conduit depuis 2006 un projet baptisé Remixing Çatalhöyük.

Okapi Island

Vue aérienne sur le village et la campagne virtuels de Çatalhöyük sur Okapi

L’ambition du projet Remixing Çatalhöyük, est d’offrir une plateforme d’échange avec les autres chercheurs divisée en trois parties : une archive pour la recherche, des collections thématiques et une exposition interactive. L’archive pour la recherche comprend plus de 65’000 photos, vidéos et articles en accès libre sous une licence Creative Commons. C’est une véritable base de donnée documentaire en cours de construction, mais déjà en partie accessible. Elle sert de ressource pour la constitution des collections thématiques qui ont pour vocation de présenter au grand public, de manière pédagogique, les recherches archéologiques menées à Çatalhöyük. Enfin, l’exposition interactive, est une autre partie basée sur l’usage raisonné des nouvelles technologies de l’information. Elle se présente sous la forme de bandes dessinées ou dans une visite virtuelle du site dans SecondLife. Après une première présentation publique le 28 novembre de l’année dernière, l’équipe d’Okapi Island prépare, selon son blog, un nouvel évènement ce printemps. Alors, si vous avez un avatar, ne manquez pas de venir leur rendre une petite visite à l’occasion.