Les outils numériques au service du patrimoine

A la fin de la semaine dernière, dans l’enceinte du Centre archéologique européen de Bibracte, j’ai participé à l’atelier intitulé : « Les outils numériques au service de l’interprétation des sites et territoires patrimoniaux ». Organisé par le Réseau des Grands Sites de France dans le cadre du Pôle international francophone de formation et d’échanges des gestionnaires de sites patrimoniaux, l’objectif déclaré de cet atelier  était de permettre aux responsables de sites patrimoniaux de découvrir les nouveaux outils d’interprétation du patrimoine mis en place au Musée de Bibracte et dans le Morvan, de comprendre les coulisses du montage des projets numériques et d’échanger avec les acteurs de la chaîne opératoire et des autres responsables afin de mutualiser les expériences. Si l’on en juge par la participation, cette réunion fut un succès en rassemblant 80 participants parmi lesquels les représentants de 17 Grands Sites de France sur 41. En guise de présentation, nous pûmes  découvrir  que les dispositifs numériques mis en place au Musée de Bibracte apparaissent comme des moments forts de la visite. La maquette virtuelle en 3D permet en 12 minutes de résumer l’histoire de l’oppidum, de sa fondation à sa redécouverte archéologique après son abandon, et, le plan du monument appréhendé à l’aide d’une tablette numérique permet une visite virtuelle du site à travers divers filtres visuels et une quarantaine de points d’intérêts. Cette rencontre aura pour le moins permis à l’équipe de Vincent Guichard, directeur du Grand Site de Bibracte, de démontrer la qualité de leur accueil, et à la société On-Situ, basée à Chalon-sur-Saône, de mettre en valeur son savoir-faire à travers ses réalisations dans le cadre de la nouvelle exposition permanente du Musée de Bibracte et des Galeries numériques du Morvan.
Bibracte
Plan virtuel consulté sur tablette

Cependant, les échanges d’expériences au cours de cet atelier furent plutôt limités, puisque en dehors des contacts informels établis entre individus dans le cadre des pauses et des repas, il n’a pas été possible de connaître la nature des attentes des autres participants. Il semble pourtant que la plupart des personnes présentes n’étaient pas venues comme moi avec l’idée précise d’un projet à développer, mais juste pour s’informer sur l’usage des nouvelles technologies dans le cadre de la médiation culturelle. Des intervenants et de la table ronde finale, il ressort que ces dispositifs technologiques ne visent  pas à remplacer la médiation culturelle ou le guide de site, mais qu’ils doivent offrir une information utile et du sens, là où une présence humaine permanente n’est pas possible, comme dans le cadre du petit site archéologique de Compierre qui figure dans la liste des 17 ballades prévues dans l’application e-randos téléchargeable gratuitement. En outre, il faut savoir que ces dispositifs coutent parfois trop cher pour la plupart des associations. Seuls le soutien direct des pouvoirs publics et parfois l’investissement personnel des ingénieurs  chargés de les réaliser autorisent de mettre en place de tels projets. Il faut donc au préalable évaluer le retour sur investissement que l’on souhaite obtenir. Si l’on peut augmenter la fréquentation d’un site grâce à l’attrait que peut exercer les nouvelles technologies auprès des publics cibles, l’investissement en vaut sans doute la peine. Cependant, en plus des questions sur le prix de ces dispositifs, celles liées à leur maintenance, leur fragilité et leur obsolescence plus ou moins programmée doivent aussi être posées au préalable, comme le suggère l’exemple des dispositifs installés à l’Abbaye de Cluny. La mutualisation des coûts et le partage des expériences apparaissent de ce fait de bonnes pratiques à adopter pour éviter toute déconvenue future. Pour ceux que le sujet intéresse, une synthèse de l’atelier est prévue par les organisateurs sous la forme d’une publication électronique à paraître dans la série « Le fil des Grands Sites ».


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