Solstice à Stonehenge

La semaine dernière je me trouvais à Stonehenge pour assister à un moment particulier du calendrier solaire, à savoir le solstice d’été, qui correspond au plus long jour de l’année dans l’hémisphère nord. Je n’étais bien sûr pas le seul en ce lieu, puisque pas moins de 13’000 personnes avaient également fait le déplacement. Assister à un tel événement m’a permis de constater à quel point certains sites archéologiques peuvent susciter de l’intérêt, en dehors de la communauté archéologique. En premier les adeptes de différents courants spirituels, comme les tenants de la Wicca, du druidisme et autres paganismes. Mais les représentants de ces différentes communautés n’étaient de loin pas les plus nombreux dans le site, car c’est plutôt en famille ou entre amis, que jeunes et plus vieux sont venus se rassembler pour assister au coucher puis au lever du soleil, en passant la nuit à la belle étoile. Comme les tentes, sacs de couchage et autre matériel de camping sont bannis sur place, c’est enveloppé dans une couverture à même le sol sur le vert gazon autour du monument que mon épouse et moi-même avons passé cette courte nuit. Heureusement il faisait beau et chaud, même en Angleterre. Couché vers 21h30, le soleil était de retour vers 5h, précédé d’abord par la planète Vénus puis par un dernier croissant de Lune qui ajoutaient deux magnifiques touches de lumière astrale dès que parut la fille du matin, l’aube aux doigts roses.
StonehengeSolstice
Lever du soleil sur Stonehenge, le 21 juin 2017

Le lendemain, en visitant le Salisbury & South Wiltshire Museum, je suis allé à la rencontre d’un autre voyageur, qui il y a environ 4’400 ans, a quitté les Alpes pour se rendre jusqu’à Stonehenge. Les raisons de son déplacement ne sont pas établies avec certitude, mais la richesse des objets qui l’accompagnaient laisse supposer, avec une bonne part de vraisemblance, qu’il était porteur d’un savoir lié aux débuts de la métallurgie européenne, car en plus des plus anciens objets en cuivre (3 lames de poignard) et en or (2 ornements pour les cheveux) trouvés en Grande-Bretagne, sa tombe contenait une pierre de touche pour le travail des métaux. Les cinq gobelets, les 16 pointes de flèches ainsi que les 2 brassards d’archer ensevelis avec ce personnage, surnommé l’Archer d’Amesbury ou parfois aussi Roi de Stonehenge, permettent sans nul doute de le ranger parmi les porteurs de la culture campaniforme. Située à environ 5 kilomètres de Stonehenge, cette découverte faite en 2002, ainsi que d’autres sépultures du même type réalisées dans les environs, semblent témoigner de l’influence culturelle du Campaniforme précédent la dernière phase de la construction de Stonehenge. A cette époque, lorsqu’on se plaçait à l’intérieur du cercle de mégalithes de Stonehenge le jour du solstice d’été, on devait voir se lever le Soleil en direction du nord-est juste au-dessus d’une pierre dressée, the Heel Stone (ou Pierre talon), à l’extérieur du cercle mégalithique. Ce n’est plus tout à fait le cas de nos jours en raison du déplacement de l’axe de la Terre, responsable de la précession des équinoxes, qui modifie avec le temps l’obliquité de l’écliptique par rapport au plan de l’équateur terrestre selon un cycle de 41’000 ans environ, qui fait apparaître le soleil légèrement plus à gauche de la Pierre talon.  Mais selon de récentes hypothèses, de nombreux archéologues sont d’avis de croire que les mégalithes de Stonehenge étaient disposés pour célébrer le coucher du soleil au solstice d’hiver et non son lever au solstice d’été. Avouons cependant que pour les profanes observateurs du soleil, il est plus agréable d’assister au second phénomène qu’au premier.


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