Dix milles ans Before Christ

Impossible pour un archéologue, préhistorien de surcroît, de passer à côté d’une affiche du nouveau film à grand spectacle de Roland Emmerich, 10’000 B.C. sans s’arrêter et s’interroger. De quoi peut-il s’agir ? Compte tenu de la date évoquée et de l’origine étasunienne de la production il pourrait s’agir de la vie et de la découverte du continent américain par les Paléo-Indiens, les ancêtres des Amérindiens actuels, au cours de la dernière glaciation. Découvrons la bande-annonce pour s’en faire une idée. En ouverture, des images de chasse aux mammouths laineux, une attaque d’un tigre à dents de sabre, de la toundra et des étendues glacées semblent devoir conforter cette première impression. Mais les images suivantes font apparaître d’étranges autruches plus proches des dinosaures que des oiseaux, des troupes de cavaliers, une flotte de felouques, du métal, un grand temple et montrent à l’évidence l’édification de pyramides, à l’aide d’esclaves et de mammouths domestiqués. Tout cela signale que l’anachronisme a encore frappé et que, une fois de plus, il est au rendez-vous.

Gare au mammouth !

Gare au mammouth !

L’aiguille de la machine à remonter le temps des réalisateurs de cinéma a bien du mal à rester fixée sur une époque déterminée malgré la précision des dates indiquées. Cela se répète de film en film sur la préhistoire. Les dates utilisées par les cinéastes, n’apparaissent souvent qu’à titre indicatif et ne sont là que pour donner une information très relative sur l’époque ancienne pendant laquelle la fiction présentée est censée se dérouler. Cela était le cas avec le film Un million d’années avant J.C. peuplé d’Homo Sapiens confronté à des hommes-singes et à de drolatiques bestioles du Jurassique, et dont l’histoire du cinéma n’a retenu que la plastique de Raquel Welch vêtue de peaux de bêtes. L’introduction de La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud indiquait la date de 80?000 ans avant J.-C pour le déroulement du récit. A cette date trois stades différents de l’humanité s’y confrontaient et l’on y voyait même apparaître à la fin du film un village et de la poterie. Ainsi, la nouvelle fiction 10?000 B.C. ne déroge pas à la règle de l’anachronisme pour les fictions préhistoriques au cinéma. Ne reste plus qu’à suivre les exploits du preux chevalier D’Leh, interprété par l’acteur Steven Strait, pour les beaux yeux de l’actrice Camilla Belle dans le rôle d’Evolet, la princesse que le héros se doit de délivrer. Qui a parlé d’anachronisme?


Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>